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Le GIMELEC intègre le Conseil d’Administration d’Ingénieurs 2000

Dans un contexte où l’industrie française accélère sa transformation entre transition énergétique, digitalisation et enjeux de souveraineté, les acteurs de la filière électro-numérique jouent un rôle stratégique. A l’occasion de l’intégration du GIMELEC au Conseil d’Administration  d’Ingénieurs 2000, Virgine CHARLES, déléguée industrie du GIMELEC nous partage sa vision des grandes mutations en cours, des leviers de compétitivité pour les entreprises industrielles et des défis à relever en matière d’innovation, de compétences et d’attractivité des métiers. Un éclairage au cœur des enjeux de réindustrialisation et de performance durable en France.

1) Pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre rôle ainsi que vos missions en tant que déléguée industrie au sein du GIMELEC ?

Cela fait bientôt 3 ans que j’ai intégré le GIMELEC pour prendre en charge la Délégation Industrie, qui réunit environ une centaine d’industriels dont les solutions sont concentrées autour de 4 grands segments :

  • Automatisme (automates programmables/interface homme-machine/réseaux industriels/contrôle industriel/détection sécurité machines)
  • Entraînement (moteurs/variateurs de vitesse & motion control)
  • Instrumentation (instrumentation des procédés/analyse de gaz & poussières)
  • Systèmes d’informations OT (infrastructures numériques/interopérabilité/cybersécurité/gestion de la donnée/nouvelles technologies telles que l’IA industrielle/connectivité)

Notre collectif a pour objectif d’identifier les axes de déploiement de la profession, que ce soit sur la partie normative & réglementaire, sur le mapping des marchés historiques ou émergents, ou sur l’orientation technologique afin de faire monter en puissance le tissu industriel français composé de PMI/ETI.

Nous portons des projets structurants pour un maillage industriel français plus compétitif, productif et responsable, tout en nous appuyant sur un écosystème à la fois large et concentré, tel que les fabricants de machines, les intégrateurs et concepteurs/distributeurs de solutions complémentaires.

2) Pouvez-vous nous présenter le GIMELEC et son importance dans la transformation industrielle et énergétique ?

Le GIMELEC fédère les entreprises de la filière électro-numérique française. Nos adhérents conçoivent, fabriquent et déploient des solutions d’électrification, d’automatisation et de digitalisation pour les infrastructures énergétiques et numériques, l’industrie, les bâtiments et la mobilité.

Nous regroupons plus de 200 entreprises représentant un chiffre d’affaires de plus de 30 milliards d’euros généré depuis la France et un volume de 146 000 employés sur le territoire.

Premier acteur français en normalisation des électro-technologies avec 344 experts inscrits dans 72 des 117 comités de normalisation AFNOR DELEC, le GIMELEC est une organisation clé dans :

  • l’analyse des marchés industriels
  • la réglementation industrielle
  • l’innovation technologique
  • la normalisation internationale
  • la gestion des communautés professionnelles

Le Comité Industrie agit en faveur d’une industrie innovante et éco-responsable, de la disponibilité et la préservation des ressources en matières premières à l’assurance de la cybersécurité. Les technologies de nos entreprises sont présentes dans les machines et les procédés de toutes les industries pour conjuguer compétitivité industrielle et développement durable.

3) L’industrie connaît des mutations profondes. Quelles grandes tendances font figure de proue dans les actions du GIMELEC ?

Face aux mutations profondes que connaissent les industries de notre territoire, les axes stratégiques sur lesquels nous travaillons sont :

Électrifier nos infrastructures et nos usages

L’électrification est la clé d’une transition énergétique réussie. Le GIMELEC agit pour accélérer le passage à une énergie bas carbone, en accompagnant :

  • l’électrification des procédés industriels
  • la décarbonation de la mobilité
  • le développement de réseaux électriques modernes capables d’absorber de nouveaux usages

Accélérer la digitalisation pour renforcer la compétitivité et la souveraineté

Les enjeux nationaux, européens et internationaux auxquels font face nos industriels adhérents ont un impact majeur sur l’élaboration des stratégies collectives à mettre en place. Une coopération renforcée avec des acteurs clés de notre écosystème reste la clé de voûte de la réussite de nos actions.

La transformation digitale des opérations industrielles, axe majeur de notre mission, consiste à déployer des solutions et technologies innovantes (IA industrielle, cybersécurité, gestion de la donnée, interopérabilité) pour répondre aux enjeux de sécurité et de souveraineté industrielle.

Valoriser les métiers de la filière

L’attractivité des métiers techniques et industriels est un enjeu structurant. Le GIMELEC se mobilise pour faire connaître les carrières de l’électro-numérique, en particulier auprès des jeunes publics.

Le lancement du jeu pédagogique INDUSTRIUM et la croissance du jobboard genjobs.fr participent à cette dynamique. Le collectif GIMELEC agit également en faveur de la féminisation des métiers et du renforcement de la formation professionnelle.

4) Pourquoi avoir fait le choix de rejoindre le Conseil d’Administration d’Ingénieurs 2000 et comment envisagez-vous le rôle du GIMELEC en matière de formation et d’apprentissage ?

Rejoindre le Conseil d’Administration d’Ingénieurs 2000 est en parfaite cohérence avec les missions que je suis amenée à suivre ou déployer. On ne peut parler de réindustrialisation ou même d’industrialisation sans aborder le champ «compétences/recrutement/attractivité des métiers techniques et scientifiques».

Les jeunes filles et les femmes sont souvent absentes dans ces filières, et au-delà de l’aspect équilibre, l’industrie manque cruellement de candidats pour atteindre ses objectifs à horizon 2030/2040.

Il est donc urgent d’offrir un espace de déploiement pour les jeunes filles afin de créer un véritable vivier de talents au cœur du tissu industriel français dans les années à venir.

Ma mission est donc d’ouvrir le champ des possibles auprès des jeunes filles, d’être un rôle modèle, de leur montrer que c’est faisable, qu’on y a toute sa place et que l’on peut y construire une carrière ambitieuse.

Sans être dans un débat ou une opposition homme vs femme, je reste convaincue qu’un équilibre est toujours bénéfique pour l’ensemble des parties prenantes. On apprend toujours les uns des autres : cela ouvre des pistes de réflexion, du dialogue, de l’écoute et de la compréhension, et les résultats sont souvent bien plus intéressants dans ce cadre.