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Tom, apprenti ingénieur, spécialité Matériaux

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Tom a rejoint le Conservatoire National des Arts et Métiers (Le Cnam) en 2016. Après un baccalauréat S, il y effectue un DUT Génie Mécanique et Productique, puis un cycle d’ingénieur en alternance. Il partage son point de vue sur l’Ecole et sur son parcours au sein de la formation Ingénieur Matériaux.

Quel a été votre parcours avant d’intégrer la formation Matériaux ? Pourquoi avoir choisi cette formation EI.Cnam, l’Ecole d’Ingénieur·e·s du Cnam dans le cadre du partenariat avec le CFA Ingénieurs 2000 ?

Avant d’intégrer la formation Matériaux en apprentissage, j’étais déjà au Cnam ! Après un bac S Spé Sciences de l’Ingénieur, j’ai suivi un DUT Génie Mécanique et Productique orienté Aéronautique en alternance à l’Institut de Technologie du Cnam. Il faut croire que cela me plait d’étudier dans cette Ecole ! Le fait d’avoir effectué un cursus en DUT m’a donné une idée précise sur le déroulement de l’alternance au Cnam. Au-delà, j’étais déjà très attiré par un cycle d’ingénieur proposé au sein de l’Ecole. L’ouverture de la toute première promotion de la formation Ingénieur Matériaux à l’EI.Cnam en apprentissage ne m’a pas laissé le choix : non seulement les matières et les enseignements décrits dans le catalogue de la formation m’ont beaucoup intéressé mais je me suis également retrouvé dans l’ambition pionnière et le caractère différenciant de cette filière.

Comment s’est passée votre intégration la 1re année ?

Mon intégration en 1re année s’est très bien passée car les liens sont créés dès le début entre les élèves du cycle technologique et du cycle ingénieur. J’ai été de suite imprégné de l’ambiance, des locaux, de l’équipe pédagogique et étudiante, voire des évènements associatifs ouverts à l’ensemble des étudiants « Cnamiens » ! Si je reviens à mon intégration de 1re année post-bac, elle s’est faite tout naturellement : le BDE et le FDK (Fond Du Kouloir, Asso qui régale tout le monde avec la tenue d’une cafétéria) sont très impliqués dans l’intégration des « nouveaux ». J’ai pu rencontrer mes premiers « parrains » grâce aux événements comme le Gala ou les Journées Portes Ouvertes etc. Ces premiers contacts m’ont beaucoup servi pour trouver mes marques dès mon arrivée. Je tiens à préciser : je « casse » peut-être un mythe, mais ici, pas de bizutage, on prend les choses très au sérieux, même en week-end d’intégration.

Comment s’est déroulée votre recherche d’entreprise ? Lors de l’entretien, qu’est-ce qui a fait la différence ?

Ce fut une expérience très difficile mais très formatrice. Pour le coup, ce n’est pas un cliché : sans réseau particulier (comme c’est souvent le cas en post-bac), c’est une épopée de décrocher un contrat d’apprentissage… J’ai glissé ma candidature dans un maximum de réseaux possibles, de LinkedIn aux forums spécialisés, en passant par les contacts d’autres écoles, sans oublier les candidatures spontanées. J’ai fait en sorte que mon profil soit visible partout. Au total, près de six mois actifs ont été nécessaires avant de signer mon contrat. La recherche d’entreprise demande de l’investissement qui implique aussi des choix : j’ai d’abord refusé une offre trop éloignée de mon idéal, parce qu’à l’époque je n’étais pas mobile et je pensais que mon quotidien professionnel se limiterait aux missions de la fiche de poste… Puis arrive une deuxième offre, puis une troisième… Jusqu’à l’appel de Sidem, filiale du groupe Veolia Water Technologies qui me contacte pour un entretien ! Avant ce coup de téléphone, je n’avais jamais entendu parler de Sidem. Je me suis beaucoup renseigné sur cette « PME » aux ambitions de multinationale. L’entretien a été relativement long (plus d’1h30 !) prenant petit à petit l’aspect d’un échange sincère plus qu’un entretien formel. Selon moi, c’est l’intérêt réel porté l’un à l’autre qui a permis, 10 minutes après l’entretien, de recevoir un mail de confirmation. J’ai fêté cette réussite en sortant le champagne !

Pouvez-vous décrire vos missions au sein de Sidem-Veolia Water Technologies ?

Avec près de 5 ans d’alternance au total sur deux cycles de formation (technicien puis ingénieur) dans la même société, mes missions ont beaucoup évolué : j’ai d’abord commencé par du développement d’outils de calculs au Bureau d’Études, puis je suis passé aux études statistiques de structures types pour développer un outil prévisionnel de dimensionnement. Ensuite, j’ai continué à la réalisation de plans guide 2D/3D au pilotage d’étude d’expertise matériaux. Après l’animation d’atelier de Lean Management, j’ai fini par la coordination de projet en tant que « Facilitateur » pour m’impliquer dans d’autres missions et toucher un tant soit peu à tout. Autant dire, que je ne me suis pas arrêté aux missions de la fiche de poste pour laquelle j’avais signé en 2016 !

D’après vous, en quoi la formation Ingénieur Matériaux a de l’avenir ?

C’est vrai qu’on pourrait questionner la crédibilité de la nouvelle formation Matériaux dans la mesure où la toute première promotion (à laquelle j’appartiens), n’est à ce jour toujours pas diplômée. Mais alors, quel retour, quelles impressions, quelle ambition ? D’une part, cette formation se veut différenciante, organisant l’ordre des enseignements de manière à assurer une continuité, une cohérence et surtout une réponse applicative à un enseignement théorique. Basée sur différents constats quant aux besoins des entreprises, la formation inclut effectivement des UE très spécialisés sur les matériaux, mais aussi un conséquent tronc commun aux sciences de l’ingénieur et enfin, (ce qui a fait la différence pour moi) un ensemble de compétences transverses et complémentaires qui forment aussi bien au droit qu’à la gestion de projet ou à l’éthique de l’ingénieur.

D’autre part, cette formation étant jeune, tant par son âge que par ceux qui la gèrent et ceux qui la suivent, elle sort des clous par son ambition et est encore très malléable, ouverte aux retours pour améliorer le fond ou la forme. Le retour d’expérience est crucial sur ce genre de formation pionnière. Cerise sur le gâteau : la CTI, qui assure que la formation est certifiante pour le titre d’ingénieur, a tamponné la formation pour 3 ans (la durée maximale en une fois) sans même avoir attendu les premiers résultats pratiques. À mon humble avis, cette formation trouve toute sa pertinence dans la complémentarité du savoir et du savoir-faire qu’elle propose au sein du Conservatoire National des Arts et Métiers.

Vous avez été lauréat du Prix de la Performance Professionnelle Ingénieurs 2000 (édition 2018), pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce concours ?

Réunissant l’ensemble des apprentis du dispositif Ingénieurs 2000 issus du Cnam, de l’ESIPE, des Arts et Métiers de Paris, de l’ISTY et de l’ESTP Paris, le Prix de la Performance Professionnelle récompense les apprentis pour l’impact de leur travail dans leur entreprise. J’ai eu la chance de recevoir ce prix des mains d’Edith Cresson en 2018, suite à la présentation de mon travail réalisé durant mes deux premières années de DUT : le design 3D d’une zone process d’usine de dessalement d’eau de mer la plus compacte possible, faisant gagner un temps précieux dans nos conceptions futures. C’est devenu une réelle source de motivation supplémentaire pour tenter d’exceller dans les missions professionnelles que nous menons. Pour y arriver, il faut essayer de vivre les missions que l’on mène comme une passion, ainsi notre investissement est décuplé.

Des conseils pour de futurs apprentis qui souhaitent intégrer une formation d’ingénieur en apprentissage ?

Oui, plein ! Avant toute chose, bien cibler la formation dans laquelle on s’engage : on part pour 2, 3 à 5 ans parfois. Autant s’assurer que c’est bien le domaine qui nous anime, l’école qui nous plaît, le format adapté… Ne pas hésiter à contacter les responsables de formation, mais surtout les étudiants diplômés ou en cours d’étude. Ce sont des avis souvent moins formels et décomplexés.

Une fois accepté, il s’agit maintenant de décrocher un contrat. C’est sans doute l’un des défis principaux de tout le diplôme. La clé me semble là encore de s’assurer que le poste ou l’entreprise correspond à ce dans quoi on veut exercer. Je parle ici de cohérence avec vos valeurs ou votre conception du travail par exemple. Suivre les formations et ateliers organisés par le CFA Ingénieurs 2000 et surtout oser démarcher, aborder, contacter pour se démarquer… Tout cela peut vraiment faire la différence. Aussi, restez naturel en entretien, ou on s’en rendra rapidement compte.

Une fois intégré dans l’Ecole, il me semble judicieux de s’investir dans la vie étudiante (allez voir le BDE, ou il viendra à vous !). C’est le meilleur moment : on dispose d’un emploi du temps moins chargé, c’est l’occasion de connaître de nombreuses personnes aussi investies sur les mêmes sujets et c’est extrêmement formateur. N’hésitez pas à travailler en groupe, à occuper les lieux et exploiter les ressources (matérielles ou numériques) à votre disposition, à prendre de l’avance et lire les diapos en amont des cours magistraux.

Enfin, sachez faire la césure entre vie pro, vie académique et vie perso, pour ne pas se retrouver submergé au travail avec des DM à rendre, ou en période de cours avec des projets professionnels à finaliser. Il s’agit souvent d’anticiper mais c’est particulièrement vrai en alternance. Au-delà de mes phrases, je vous invite à vous rendre aux JPO (même en ligne !) pour mieux se rendre compte de la réalité du quotidien des apprentis cnamiens. Les retours que vous aurez seront certainement bien plus précieux et complets. Alors à très vite en JPO !